Graf, Seles et Hingis, bébé stars à gogo : Le Top 50 des matches marquants de Roland – Roland-Garros 2020 – Tennis

ROLAND-GARROS – Le Grand Chelem parisien aurait dû se tenir ces deux prochaines semaines. Vous êtes en manque ? En attendant le « vrai » Roland, espérons-le au début de l’automne, nous vous proposons de retrouver notre Top 50 des matches les plus marquants de l’ère Open dans le tournoi féminin. Dans cette deuxième partie, une guirlande de très jeunes stars et le sacre de quelques reines…

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Roland-Garros

En exhibition en République Tchèque, Kvitova et Strycova se « moquent un peu » de Roland-Garros


  • 1re partie : De la 50e à la 41e place

40. Monica Seles – Zina Garrison

Edition : 1989
Huitième de finale
Vainqueur : Monica Seles (Yougoslavie)
Adversaire : Zina Garrison (Etats-Unis)
Score : 6-3, 6-2

Pour la toute première apparition de sa carrière en Grand Chelem, à l’âge de 15 ans et demi, c’est peu dire que Monica Seles ne passe pas vraiment inaperçue sur ce Roland-Garros 1989. Elle y atteint les demi-finales, stade auquel elle pousse la n°1 mondiale, Steffi Graf, aux trois sets.

Mais cela fait quelques jours déjà que la jeune Yougloslave, qui sera naturalisée américaine cinq ans plus tard, a frappé les esprits. Au 3e tour, pour célébrer sa première programmation sur le court central, Monica rentre sur le terrain en distribuant des fleurs au public !

Elle en propose même à son adversaire, l’Américaine Zina Garrison, tête de série n°4. Mais cette dernière, agacée par celle qu’elle prend visiblement pour une jeune effrontée, décline et s’attire une bordée de sifflets.

Pardonnez-nous le jeu de mots facile, mais Seles ne fera en revanche aucune fleur à Garrison une fois les hostilités démarrées : victoire sans discussion 6-3, 6-2, sa première sur une joueuse du top 5. « Une jeune fille qui devrait très vite monter dans la hiérarchie du tennis féminin », prévoit le jeune Patrick Montel sur les antennes de France 3. Bien vu Patrick !

39. Lindsay Davenport – Martina Hingis

Edition : 1995
3e tour
Vainqueur : Lindsay Davenport (Etats-Unis)
Adversaire : Martina Hingis (Suisse)
Score : 4-6, 6-2, 6-2

Paris découvre un phénomène. A seulement 14 ans, la Suissesse Martina Hingis avait marqué les esprits, franchissant déjà deux tours lors de cette édition 1995. De quatre ans son aînée, Lindsay Davenport est, elle, déjà bien installée dans le top 10 mondial. Déjà opposées à Sydney quelques mois plus tôt, les deux joueuses ne se doutaient peut-être pas qu’elles initiaient alors une des grandes rivalités du tennis féminin moderne. Et comme en Australie, c’est la plus expérimentée des deux qui l’emporte en un peu moins d’une heure et demie.

Mais déjà 23e joueuse mondiale, Hingis, et son visage poupon, émerveille déjà le public parisien par son toucher et sa couverture de terrain. C’est certain, la jeune Suissesse est appelée à faire de grandes choses et elle le montre pour sa première participation à Roland-Garros. Face au mètre 89 de Davenport et à sa puissance, elle fait valoir sa science du jeu et son intelligence tactique pour remporter le premier set avant de subir. Entre la qualité de frappe de l’Américaine et le sens des trajectoires de Hingis, l’opposition de styles est un pur régal. Deux ans plus tard, la Suissesse confirmera son statut de future star du tennis féminin en frôlant le Grand Chelem calendaire. Mais à Roland-Garros, il lui manquera toujours quelque chose comme nous le verrons dans la suite de ce top 50.

38. Justine Henin – Kim Clijsters

Edition : 2001
Demi-finale
Vainqueur : Kim Clijsters (Belgique)
Adversaire : Justine Henin (Belgique)
Score : 2-6, 7-5, 6-3

Le derby belge entre Justine Henin et Kim Clijsters est assurément l’une des grandes rivalités des années 2000 : 25 confrontations au total, dont la première en Grand Chelem à l’occasion de ce Roland-Garros 2001. C’est aussi la première demi-finale majeure pour les deux teenagers – Justine s’apprête à fêter ses 19 ans et Kim ses 18 ans -, qui sont déjà classées toutes deux dans le top 15.

L’événement est formidable pour le tennis outre-quiévrain puisque l’une des deux joueuses aura l’honneur de devenir la première représentante belge à atteindre une finale de Grand Chelem. Pendant longtemps, Justine, l’aînée, croit tenir ce privilège. Elle déroule un tennis de rêve et ne se laisse pas perturber par un arrêt pluvieux, en fin de 1er set, pour se détacher 6-2, 4-2, 15-40.

Le tournant du match se situe là. Henin gâche ses deux premières balles de de 5-2. Elle en obtient une 3è que Clijsters, cette fois, sauve joliment. Derrière, la physionomie du match change complètement et c’est la Flamande, finalement, qui va voler vers la victoire. A l’époque, Justine pêche encore un peu par excès d’émotivité. Elle se rattrapera, et comment…

En attendant, il y a pire pour Justine. Dans sa biographie de la championne Justine Henin, from tragedy to triumph, le journaliste britannique Mark Ryan rapporte que son grand-père paternel a été victime d’une grave attaque cérébrale juste après le match. Comme sa petite fille, il s’en remettra…

37. Steffi Graf – Carina Karlsson

Edition : 1983
1er tour
Vainqueur : Steffi Graf (Allemagne)
Adversaire : Carina Karlsson (Suède)
Score : 6-4, 6-1

Voilà un record qui, en l’état actuel des choses, ne peut plus être battu. En 1983, Steffi Graf n’a encore que 13 ans – elle est à quelques jours de ses 14 ans, qu’elle célèbrera juste après le tournoi – lorsqu’elle passe le 1er tour à Roland-Garros en battant la Suédoise Carina Karlson (6-4, 6-1), issue comme elle des qualifications.. Elle devient ainsi la plus jeune joueuse de l’ère Open à gagner un match dans le tableau principal d’un Grand Chelem.

Imbattable, car les règles de la WTA ont changé ensuite, interdisant aux joueuses l’accès à des tournois professionnels avant d’avoir 14 ans révolus. Une règle toujours en vigueur, même si l’éclosion récente de Cori Gauff a relancé le débat.

A cet âge-là, Steffi, elle, était déjà bien lancée sur le circuit. Elle a disputé son premier tournoi pro en 1982, à Filderstadt, en Allemagne. Elle avait perdu d’entrée face à Tracy Austin, phénomène de précocité elle aussi mais pas de clairvoyance puisqu’elle avait alors déclaré n’avoir rien trouvé de spécial à Steffi.

Ensuite, lors de cette année 1983, Graf joue quatre tournois avant Roland-Garros et gagne ses premiers matches, si bien qu’elle arrive à Paris en qualité de 195è mondiale. Elle franchit ses trois tours de qualification, puis remporte donc ce match face à Karlsson avant de s’incliner au 2e tour contre la Sud-Africaine Beverly Mould. La fusée est lancée…

36. Mary Pierce – Conchita Martinez

Edition : 2000
Finale
Vainqueur : Mary Pierce (France)
Adversaire : Conchita Martinez (Espagne)
Score : 6-2, 7-5

C’était il y a 20 ans… Mary Pierce devenait la dernière Française à remporter Roland-Garros en simple et l’on attend toujours, depuis, celui ou celle qui lui succèdera. Du parcours triomphal de Mary, on retient plus volontiers son coup entre les jambes contre Monica Seles en quart. Ou sa demi-finale magnifique remportée face à la n°1 mondiale Martina Hingis, avec laquelle elle triomphera aussi en double. Mais c’est bien la finale contre Conchita Martinez qui la propulsera définitivement dans l’histoire.

Cette finale est celle de tous les dangers. Cette fois, Pierce est favorite. Mais elle l’était aussi (ou presque), six ans plus tôt, pour sa première finale à Roland, en 1994, quand elle avait tout ravagé sur son passage avant de sombrer face à une autre Espagnole pugnace, Arantxa Sanchez. Méfiance, donc…

Mais Pierce a mûri. Elle semble aussi beaucoup plus sereine depuis qu’elle est devenue croyante, quelques mois plus tôt. Et elle a appris de ses erreurs. Si la finale est crispante, la Française, cette fois, la gère à la perfection. Notamment dans une fin de match tendue qu’elle finit par conclure à sa troisième balle de match, pour devenir la première joueuse tricolore depuis François Dürr en 1967 à triompher à Paris.

« Je n’oublierai jamais, jamais ce moment là », déclare-t-elle, lors de la cérémonie protocolaire, à un public français auquel elle s’est ouvert comme jamais au fil de la quinzaine. Nous non plus, nous n’oublierons jamais…

35. Anastasia Myskina – Svetlana Kuznetsova

Edition : 2004
Huitième de finale
Vainqueur : Anastasia Myskina (Russie)
Adversaire : Svetlana Kuznetsova (Russie)
Score : 1-6, 6-4, 8-6

Telle une étoile filante, son passage sur le circuit fut fugace. Mais à son meilleur niveau, elle a brillé de mille feux et particulièrement en cette édition 2004 de Roland-Garros. Retraitée trois ans plus tard à peine à 26 ans, Anastasia Myskina restera néanmoins à jamais la première joueuse russe à avoir remporté un tournoi du Grand Chelem dans l’ère Open. Mais avant de créer l’exploit sur la terre battue parisienne, elle avait frôlé l’élimination en huitième de finale, coiffant au poteau sa compatriote Svetlana Kuznetsova au terme d’un match fou.

Totalement dominée dans le premier set, Myskina avait d’ailleurs dû sauver une balle de match avant de l’emporter sur le fil. Une victoire au bout du suspense 8-6 qui a fait office de déclic puisque Myskina n’a plus concédé la moindre manche par la suite face à Venus Williams, Jennifer Capriati et Elena Dementieva. Dans les autres Majeurs, la Russe n’aura jamais réussi à dépasser les quarts de finale. Quelques mois plus tard, Kuznetsova l’imitera à l’US Open, Maria Sharapova s’imposant entre-temps à Wimbledon, faisant de la saison 2004, celle de la Russie. Elles finiront d’ailleurs toutes trois l’année dans le top 5.

Anastasia Myskina et Svetlana Kuznetsova.

Crédits Getty Images

34. Martina Hingis – Monica Seles

Edition : 1997
Demi-finale
Vainqueur : Martina Hingis (Suisse)
Adversaire : Monica Seles (Etats-Unis)
Score : 6-7 (2), 7-5, 6-4

Chipotons un peu : la balle de match remportée par Martina Hingis dans cette demi-finale au couteau aurait peut-être dû être donnée à rejouer : pile au moment où la Suissesse s’apprêtait à négocier une balle haute dans le carré de service – ce qu’elle fera brillamment d’un revers court croisé gagnant -, sa serviette posée sur sa chaise à proximité s’est littéralement envolée à côté d’elle, balayée par le vent qui aura bercé ce match, sans en atténuer la qualité.

Qui sait, le cours de ce Roland-Garros en aurait peut-être été changé… Car Martina, en proie à un début de crampes sur la fin, n’était plus très sereine. Mais l’arbitre ne dit rien, pas plus que Monica Seles. Et Martina conclut ainsi, après une empoignade magnifique de 2h18, une victoire néanmoins méritée, peut-être sa plus belle à Roland-Garros.

Sa joie trahissait bien son soulagement, mais aussi tout simplement son bonheur de battre une nouvelle fois l’une de ses idoles d’enfance. Pour beaucoup, il s’agissait là d’une finale avant la lettre entre la n°1 et celle qui allait repasser n°2 grâce à cette demi-finale. Mais Hingis, arrivée mal préparée à la suite d’une chute de cheval survenue quelques semaines plus tôt, allait finalement buter sur le dernier obstacle, incarné par la Croate Iva Majoli. Défaite qui mettra fin à sa série de 37 succès consécutifs depuis le début de l’année…

33. Simona Halep – Jelena Ospatenko

Edition : 2017
Finale
Vainqueur : Jelena Ostapenko (Lettonie)
Adversaire : Simona Halep (Roumanie)
Score : 4-6, 6-4, 6-3

Dans la série des gagnantes surprises de Roland Garros, Jelena Ostapenko se pose là. En 2017, sa simple présence en finale est déjà improbable : elle n’a jamais gagné un seul match à Paris auparavant, n’a jamais joué une finale sur le circuit et elle est par ailleurs la joueuse la plus mal classé (47è) à disputer le match ultime à Roland Garros. Mieux : deux jours après avoir fêté ses 20 ans, elle va la gagner.

Plus qu’une victoire : on peut parler d’un hold-up absolu ! Face à Simona Halep, grande favorite, Ostapenko est au bord du K.O lorsqu’elle se retrouve menée 6/4, 3-0, trois balles de 4-0. Si la chose est possible, elle appuie alors encore un peu plus ses frappes. Et devient irrésistible…

Ostapenko, sur cette finale, c’est un peu l’histoire d’une joueuse qui joue tapis à chaque fois. Et qui gagne à chaque fois. En face, la Roumaine se laisse peut-être aussi rattraper par le poids de l’enjeu, elle qui est promise à la place de n°1 en cas de succès, qui serait également son premier en Grand Chelem.

Halep mène encore 3-1 au 3è set. Mais la tornade Ostapenko souffle une dernière fois et fait tout valdinguer sur son passage. Elle l’emporte sur son 54è coup gagnant (contre 8 à son adversaire…), devenant la première joueuse à ouvrir son palmarès en Grand Chelem depuis Chris O’Neil à l’Open d’Australie 1978. La terre battue du court Philippe-Chatrier en tremble encore…

32. Chris Evert – Martina Navratilova

Edition : 1975
Finale
Vainqueur : Chris Evert (Etats-Unis)
Adversaire : Martina Navratilova (Tchécoslovaquie)
Score : 2-6, 6-2, 6-1

Evert-Navratilova… Incontestablement la plus grande rivalité du tennis féminin, avec un total de 80 matches dont 11 disputés lors de cette année 1975, la plus faste dans l’histoire des face-à-face entre les deux légendes, qui ne sont alors que des teenagers.

Cette année-là, Chris Evert, 19 ans est déjà bien installée au sommet puisqu’elle est tenante du titre à Roland-Garros, ainsi qu’à Wimbledon. C’est surtout pour Navratilova, 17 ans, que cette année 1975 constitue un tournant, puisque c’est celle de ses deux premières finales en Grand Chelem (après l’Open d’Australie) mais celle surtout où elle fuit son pays, la Tchécoslovaquie, pour les Etats-Unis.

Evert et Navratilova se connaissent déjà bien puisqu’elles se sont déjà affrontées 12 fois avant cette édition 1975 de Roland-Garros. Mais jamais encore en Grand Chelem, a fortiori en finale. Toutes deux de jaune vêtues, les deux rivales font de cette grande première une vraie promesse en disputant un match de fort belle facture.

Pendant un set, le premier, qu’elle remporte, Navratilova fait admirer sa redoutable patte gauche au public parisien. Sur la durée, elle finit par s’écrouler mais personne n’est dupe sur le brillant avenir qui l’attend, même si elle mettra trois ans à décrocher son premier sacre majeur.

En simple, du moins. Car en double, Navratilova décroche sa première timbale sur ce Roland-Garros 1975. Aux côtés de Chris Evert, bien entendu.

31. Steffi Graf – Monica Seles

Edition : 1990
Finale
Vainqueur : Monica Seles (Yougoslavie)
Adversaire : Steffi Graf (Allemagne)
Score : 7-6(6), 6-4

Roland-Garros à la tournure des années 90, c’est un peu l’ère de la jeunesse triomphante. Triomphante et contestatrice de la domination dictatoriale de Steffi Graf. En 1989, l’Allemande a été battue par Arantxa Sanchez, devenue à 17 ans la plus jeune gagnante de Roland-Garros. Son record n’a pas tenu pas longtemps.

Un an plus tard, Monica Seles le lui chipe en remportant à 16 ans et 6 mois le premier de ses 9 titres du Grand Chelem. Et toujours face à Steffi Graf, qui, à même pas 20 printemps, commence presque à faire figure d’ancienne.

Cette année-là, Seles, qui avait déjà donné du fil à retordre à sa prestigieuse rivale un an plus tôt en demi-finale, est une tornade. Ses coups sont autant de flèches décochées à l’adversaire, son mental est en acier trempé.

Pour sa première finale majeure, celle qui est encore Yougoslave ne nourrit aucun complexe. Dans le tie break du 1er set, elle se retrouve menée 6 points à 2, et que croyez-vous qu’elle fît ? Trois coups gagnants pour faire craquer Steffi, qui commet une double faute sur la 4ème balle de set. Au revoir et merci.

Seles s’envole vers la victoire qui sera la première d’un « hat-trick » phénoménal, et interrompu en 1993 dans les circonstances dramatiques que l’on sait. Nous y reviendrons forcément…

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