Prudhomme : « Un Tour de France unique et singulier » – Tour de France 2020 – Cyclisme

TOUR DE FRANCE – A deux mois du Grand départ fixé le 29 août à Nice, le directeur de la Grande Boucle Christian Prudhomme est revenu pour l’AFP sur les problématiques posées par le report de deux mois décidé en raison de la pandémie coronavirus.

Exceptionnellement, le mois de juillet ne sera pas animé par le Tour de France cette année. Mais l’édition 2020 aura bien lieu dans des conditions spéciales, coronavirus oblige. A deux mois de son lancement à Nice, Christian Prudhomme, directeur de l’épreuve, s’est confié à l’AFP, explorant les défis de cette Grande Boucle pas comme les autres.

Que va changer ce report de deux mois ?

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Coureurs survoltés, équité et prépa française : Ce Tour a tout pour dérouter

Christian Prudhomme : Ce sera un Tour unique, puisque jamais il n’est parti aussi tard, formellement dans l’été mais en dehors de la période des vacances. Un Tour singulier : il y aura de vraies interrogations sympathiques par rapport aux coureurs dont la manière de se préparer sera forcément différente cette année. Il fera a priori moins chaud, il y aura sans doute plus de vent. Sur le bord des routes, on peut s’attendre à ce qu’il y ait sans doute moins de monde mais la fête sera là, dans le respect des mesures sanitaires.

Qu’avez-vous décidé sur le plan sanitaire ?

C. P. : Depuis le début, nous sommes en lien avec les autorités publiques, et avec les instances sportives. J’ai d’ailleurs été frappé par l’unité du monde cycliste et l’écoute des autorités. On a peu communiqué en mars et en avril, en dehors de l’annonce des dates du report, car je trouvais incongru que l’on parle sport à ce moment-là. Mais on a travaillé et on continue à le faire.

La caravane publicitaire aura une centaine de véhicules, soit 60 % par rapport aux années précédentes

A quel moment en saura-t-on davantage ?

C. P. : La situation évolue de jour en jour. Le cahier des charges sera défini dans la période de fin juillet, début août. Ce qu’on peut dire, c’est qu’il y aura une course avec les meilleurs coureurs. La caravane publicitaire aura une centaine de véhicules, à hauteur de 60 % environ par rapport aux années précédentes. La crise économique touche les différents secteurs d’activité.

Et pour les autres mesures ?

C. P. : Il n’y aura sûrement pas de bisous ou d’embrassades lors des cérémonies protocolaires. Et on peut penser que ce n’est assurément pas la meilleure année pour récupérer des autographes. Le public pourra venir sur le Tour mais il y aura probablement un filtrage plus ou moins sévère. Dans les cols, on favorisera ceux qui montent à pied, à vélo ou dans les transports mis en place par les collectivités. Mais, je le répète, la situation évolue de jour en jour. Qu’en sera-t-il dans deux mois ?

Le Dauphiné (12 au 16 août) servira-t-il de répétition générale ?

C. P. : Les mesures sanitaires seront appliquées sur le Dauphiné. Comme sur les autres courses du calendrier.

Le propre de l’organisation, c’est de s’adapter

Que prévoyez-vous de faire pendant la période initialement prévue du Tour de France (27 juin au 19 juillet) ?

C. P. : Nous tenons à mettre plus que jamais en avant notre soutien à la bicyclette du quotidien, qui fait du bien à la santé, qui ne pollue pas. Nous allons aider le Secours Populaire avec lequel nous travaillons depuis 2008. Nous allons monter aussi avec Emmaüs une opération pour la collecte des vélos usagés et leur réparation, avec les collectivités. Il y a un troisième volet avec Qhubeka, pour fournir des vélos aux gamins des townships en Afrique du Sud. Pour ma part, j’irai sur plusieurs étapes du Tour aux dates initiales, pour répondre aux élus, aux médias.

Est-ce un défi d’organisation ?

C. P. : Le propre de l’organisation est de s’adapter. On a commencé à relever le défi en obtenant l’aval de tous les élus concernés. Ce que j’ai entendu le plus souvent, c’est « le Tour sera toujours le Tour ». C’était fascinant ! Sportivement et médiatiquement, le Tour est le même. En revanche, on a eu des rustines à poser, parce qu’on ne pouvait pas emprunter exactement la même route en septembre. A Lyon, par exemple, on a trois kilomètres en moins sur l’étape, la montée de Fourvière en moins. Mais c’est à la marge !

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