Vomissements, triple 6-0 et surprise nocturne : Le Top 100 de l’US Open (100-91)

Dossier réalisé par Laurent Vergne, Maxime Battistella et Rémi Bourrières

100. Ivan Lendl – Barry Moir

US Open

Le programme de lundi : Djokovic déjà au charbon en night session

IL Y A 6 HEURES

Edition : 1987
1er tour
Vainqueur : Ivan Lendl (Tchécoslovaquie)
Adversaire : Barry Moir (Afrique du Sud)
Score : 6-0, 6-0, 6-0

Vainqueur à Roland-Garros, Lendl a ensuite connu une gigantesque déception en s’inclinant en finale de Wimbledon contre Pat Cash. Reste que “Ivan Le terrible” traverse la période la plus faste de sa carrière. L’incontestable numéro un mondial laisse Londres derrière lui. Sa préparation pour l’US Open fait peur (aux autres) : il s’impose à Washington (en massacrant Brad Gilbert 6-1, 6-0 en finale), atteint à nouveau la finale à Stratton Mountain (le titre ne sera pas décerné, son match contre McEnroe étant stoppé définitivement par la pluie) et Montréal, où il rafle la mise sans perdre une manche, battant Connors puis Edberg en demie et en finale.

Autant dire qu’à Flushing, personne n’a envie de tomber contre lui. Au premier tour, c’est le malheureux Barry Moir qui hérite du golgoth d’Ostrava. Le Sud-Africain, 122e mondial, fait ce qu’il peut, c’est-à-dire pas grand-chose. Bonne nouvelle, il passe 91% de premières balles. Mais son engagement est si inoffensif qu’il ne remporte que… 15 petits points sur sa mise en jeu. Lendl s’impose en 71 minutes, 6-0, 6-0, 6-0. C’est la seule fois, dans l’ère Open, où un “triple 0” a été infligé à l’US Open. Tous Majeurs confondus, il n’y en a eu que six dont, curieusement, trois dans cette année 1987, après ceux de Karel Novacek à Roland-Garros et Stefan Edberg à Wimbledon.

Lendl, lui, se montre sans pitié même une fois sorti du court : “Il n’a pas la puissance. Son meilleur coup a l’air d’être le retour mais il ne me fait pas mal du tout. En gros, il a le même jeu que moi, mais je frappe beaucoup plus fort et je fais beaucoup moins de fautes. Et voilà le résultat.” Voilà, oui. C’est la petite contribution, bien involontaire, de Barry Moir à l’histoire de l’US Open.

99. Donald Young – Viktor Troicki

Edition : 2015
3e tour
Vainqueur : Donald Young (Etats-Unis)
Adversaire : Viktor Troicki (Serbie)
Score : 4-6, 0-6, 7-6(3), 6-2, 6-4

Ah, le “vieux” Grandstand de l’US Open… Ce court feutré et intimiste, assimilable à un petit chaudron adossé à l’ombre d’un volcan – le stadium Louis-Armstrong, ancien central jusqu’à la construction du Arthur-Ashe en 1997 – en a vu passer des vertes et des pas mûres jusqu’à son remplacement en 2016 par un nouveau Grandstand, sacrifié sur l’autel de la modernisation du stade.

En tant que tel, le vieux Grandstand vit donc sa dernière année de service en 2015. Et comme pour lui rendre hommage, l’ultime match de simple messieurs qui s’y déroule est à la hauteur des moments de feu qu’on y aura vécu. Comme au 1er tour face à Gilles Simon, celui qui est encore considéré comme un espoir du tennis américain, Donald Young, y opère une splendide remontée cette fois face au Serbe Viktor Troicki, dont il finit par désarçonner la puissance avec son agile patte gauche et son tennis à l’instinct.

Massivement présent dans les tribunes mais aussi juché, debout, sur le déambulatoire qui surplombe latéralement le terrain – l’un de ses charmes principaux -, le public réserve une belle ovation à Young comme au court qu’on croit alors arrivé à son crépuscule.

Et puis, finalement, pas tout à fait… L’année suivante, en 2016, le vieux Grandstand, qui devait faire office de terrain d’entraînement, sortira provisoirement de sa retraite pour pallier le “forfait” du court n°10, victime de soucis techniques.

98. Tomas Berdych – Roger Federer

Edition : 2012 Quart de finale
Vainqueur : Tomas Berdych (République tchèque)
Adversaire : Roger Federer (Suisse)
Score : 7-6, 6-4, 3-6, 6-3

Pas un grand match en soi, mais un quart de finale possédant un petit parfum historique. Une sacrée sensation, aussi. Parce que, même si Tomas Berdych avait déjà réussi le même coup, au même tour, à Wimbledon en 2010, Roger Federer semble planer en cette année 2012. Le Suisse, vainqueur de Wimbledon début juillet, a reconquis la première place mondiale.

Mais c’est du grand Berdych ce soir-là sur le Arthur-Ashe. Notamment dans les deux premiers sets, au cumul desquels il ne commet que 11 petites fautes directes. Dos au mur, Federer va retarder l’échéance mais sans pouvoir parachever son comeback. Il cède en quatre sets et il n’y a rien à redire. Dire que Berdych restait sur deux sorties de route au 1er tour à Wimbledon et aux Jeux…

Dire, aussi, que Roger Federer avait toujours figuré au moins dans le dernier carré depuis 2003 à l’US Open. Dire, surtout, que jamais il n’avait été battu à Flushing Meadows en session de nuit. Par night session, on entend les rencontres programmées à partir de 19h30 heure locale, et non les matches qui peuvent avoir débuté avant cette heure pour s’achever au-delà si la rencontre dure trop longtemps. Depuis le début de sa carrière, Federer avait été programmé 23 fois en session de nuit à l’US Open. Il avait remporté 23 victoires. C’est dire la portée de l’exploit de Berdych.

97. Marat Safin – Sébastien Grosjean

Edition : 2000
3e tour
Vainqueur : Marat Safin (Russie)
Adversaire : Sébastien Grosjean (France)
Score : 6-4, 7-6(3), 1-6, 3-6, 7-6(5)

“J’ai prié pour que la balle soit faute et Dieu m’a écouté.” On pensait Marat Safin davantage porté sur la guinguette que sur la religion mais ce jour-là – dimanche 3 septembre 2000 -, le jeune Russe n’a d’autre choix que de se tourner vers le ciel pour se tirer d’affaire d’une bien étrange fin de match.

C’est le ciel, justement, qui rend ce 3e tour de “balles neuves” entre Safin, 20 ans, tête de série n°6, et le Français Sébastien Grosjean, 22 ans, 28e mondial, particulièrement tarabiscoté. Pendant deux sets, la puissance et la confiance au zénith de Safin – préalablement vainqueur à Toronto – prévalent. Mais Grosjean, qui vient lui de remporter deux mois plus tôt son premier titre à Nottingham, revient. Et breake d’entrée de 5e set.

Marat débreake, fait la course en tête jusqu’à 4-4, 30-15, moment où une averse s’abat sur le stadium Arthur-Ashe, interrompant le match pendant 1h19. A la reprise, les deux jeunes hommes poursuivent leur mano à mano jusqu’au jeu décisif. Et à 5 points à 4 pour Safin, nouveau déluge, nouvelle interruption d’1h40 cette fois.

Le troisième acte dure 3 points. Grosjean égalise à 5-5 et se trouve donc à deux points de la victoire. Mais un retour gagnant suivi d’une faute en coup droit le condamnent. Miraculé, Safin devient ensuite injouable, “désossant” Sampras en finale pour s’adjuger son premier Grand Chelem. A quoi ça tient…

96. Jan Kodes – John Newcombe

Edition : 1971
1er tour
Vainqueur : Jan Kodes (Tchécoslovaquie)
Adversaire : John Newcombe (Australie)
Score : 2-6, 7-6, 7-6, 6-3

Imaginez, que l’an dernier, le tirage au sort ait proposé dès le 1er tour de l’US Open une affiche entre Rafael Nadal et Novak Djokovic, soit les vainqueurs des deux tournois du Grand Chelem précédents, Roland-Garros et Wimbledon. C’est exactement ce qu’il s’est passé lors de l’édition 1971, lorsque Jan Kodes, titré à Paris, a affronté John Newcombe, sacré sur le gazon londonien.

Ce choc d’emblée vaut pour son prestige mais, à l’époque, personne ne doute vraiment du résultat. L’US se joue sur herbe, à Forest Hills, et l’herbe, c’est le truc de Newcombe. Pas celui de Kodes. Mais alors pas du tout. En tout cas à ce stade de sa carrière. Il déteste ça et il le dit : “Le gazon, ce n’est pas fait pour jouer au tennis. Personne ne sait jamais comment la balle va rebondir. Elle rebondit haut, elle rebondit bas, parfois, elle ne rebondit même pas. On ne sait jamais ce qui va arriver, c’est la loterie.”

Bref, en dépit du clinquant de l’affiche, ce choc ne doit pas en être un. Jan Kodes l’avouera lui-même plus tard, il n’imaginait pas une seconde battre Newcombe. L’Australien remporte d’ailleurs le 1er set 6-2. Tout est normal. Puis dans la 2e manche, il vendange une volée comme il en a réussi des centaines sur une balle de break à 3-2. Tout doucement, la machine commence alors à s’enrayer. Kodes arrache le set au tie-break.

Le Tchécoslovaque prend confiance, réussit des merveilles en retour (“il a touché toutes les lignes, je ne pouvais rien faire“, pestera Newcombe) et après avoir dominé à nouveau le tie-break du 3e, il finit par s’imposer en quatre manches. C’est une énorme sensation, une page d’histoire et une révélation. La défaite de Newcombe est historique puisque pour la toute première fois, la tête de série numéro un disparaît d’entrée à l’US Open.

Jan Kodes, lui, ne dira plus jamais de mal du jeu sur herbe. Il va tellement y prendre goût qu’il atteindra la finale de cet US Open, en battant notamment Arthur Ashe en demies, avant de remporter Wimbledon en 1973.

95. Richard Krajicek – Jan Siemerink

Edition : 1994
1er tour
Vainqueur : Richard Krajicek (Pays-Bas)
Adversaire : Jan Siemerink (Pays-Bas)
Score : 7-6(2), 6-4, 6-7(2), 6-7(8), 6-4

Ce duel 100% batave du 1er tour d’une édition 1994 remportée par Andre Agassi n’a pas, a priori, bouleversé l’histoire du tournoi. Mais il est le théâtre d’un fait rarissime, peut-être même inédit chez les hommes en Grand Chelem : dans le jeu décisif du 4e set, Krajicek dilapide un capital de 6 balles de match consécutives (plus une 7e par la suite), se détachant 6 points à rien avant de se laisser embarquer dans un périlleux 5e set.

Pour le favori des deux Néerlandais, coupable d’avoir “tremblé” à la conclusion avec notamment une horrible volée manquée à 6-2 et une non moins vilaine double faute à 6-5, il y a de quoi devenir dingue. D’autant qu’il a aussi servi pour le match à 5-3. D’ailleurs, Krajicek devient dingue lors d’un 5e set assez tendu entre les deux compatriotes qui, s’ils se connaissent parfaitement, sont loin d’être amis, le gaucher Siemerink, 100e mondial, reprochant notamment à son leader national de lui avoir “piqué” son coach.

L’immense mérite du futur vainqueur de Wimbledon, sommé de sauver en plus trois balles de break au début de ce 5e set, est de retrouver in extremis ses nerfs pour l’emporter après 3h41 d’un match qui, entamé dans l’anonymat d’un court à la campagne (le 16), se termine dans une ambiance exceptionnelle.

Sur la balle de match, alors que Siemerink interrompt le mouvement de Krajicek qui s’apprête à servir, ce dernier s’écrie à voix haute : “Il se prend pour Boris Becker, ou quoi ?” So Flushing, tout ça…

94. Pete Sampras – Greg Rusedski

Edition : 2002 3e tour
Vainqueur : Pete Sampras (Etats-Unis)
Adversaire : Greg Rusedski (Grande-Bretagne)
Score : 7-6(4), 4-6, 7-6(3), 3-6, 6-4

Si les conférences de presse ont la réputation d’être à 90% du temps soporifiques, c’est parce que les joueurs ont bien conscience que tout ce qu’ils pourront y dire est susceptible de se retourner un jour contre eux.

Ainsi, Greg Rudeski doit encore penser qu’il aurait mieux fait de se taire plutôt que de laisser parler sa frustration au sortir de sa défaite en cinq sets au 3e tour, sur le Louis-Armstrong, contre Pete Sampras, en 2002 : “C’est plus moi qui ai perdu ce match que lui qui l’a gagné. Sampras n’est plus du tout le joueur qu’il a été. Il est un pas et demi plus lent qu’avant pour arriver au filet. Face à un meilleur retourneur que moi, ça ne pardonnera pas. Honnêtement, je serai surpris qu’il gagne son prochain match.”

La suite, on la connaît. Une montée en puissance irrépressible jusqu’à une finale en apothéose contre Andre Agassi, synonyme de 14e titre du Grand Chelem… et de retraite pour Pete Sampras, qui allait finalement décider d’en rester sur cet ultime coup de génie. Avec un petit tacle au passage au Britannique (d’origine canadienne) quand on lui a rapporté ses propos : “Contre lui, je n’avais pas besoin d’arriver au filet un pas et demi plus tôt…

Cela dit, à l’instar de Rusedski, bien peu nombreux étaient ceux prêts à miser sur Sampras qui, à l’époque, n’avait plus gagné de Grand Chelem depuis deux ans et ne figurait même plus dans le top 15…

93. Miloslav Mecir – Boris Becker

Edition : 1986
Demi-finale
Vainqueur : Miloslav Mecir (Tchécoslovaquie)
Adversaire : Boris Becker (Allemagne)
Score : 4-6, 6-3, 6-4, 3-6, 6-3

Surnommé “Le Chat”, Miloslav Mecir est un drôle d’animal. Le joueur est atypique, avec sa façon soyeuse de caresser la balle. Faut lent, le félin tchécoslovaque bondit pourtant à la première occasion. A 22 ans, visage de matou un peu tristounet à la Droopy, le bonhomme dénote lui aussi sur le circuit. A New York, il ne se sent pas à l’aise. Il n’aime pas la ville et son agitation permanente. Big Apple, la ville qui ne dort jamais, ce n’est pas trop son truc. Au début du tournoi, il discute avec Boris Becker, lui avoue son mal du pays. Becker écoute, poliment, et compatit, gentiment.

Douze jours plus tard, l’un et l’autre se retrouvent sur le court avec en jeu une place en finale de l’US Open. “Je ne vais pas dire que j’avais envie de perdre au premier tour, avoue quand même Milos, mais je préfère vivre et même jouer en Europe.” Malgré tout, il se prend au jeu. Et Becker se méfie, même si tout le monde annonce une finale entre l’Allemand et le numéro un mondial Ivan Lendl, pour un remake de la toute récente finale de Wimbledon, remportée par l’Allemand.

Becker se méfie tellement qu’il va déjouer, incapable de trouver le bon rythme ou la bonne distance. “Je l’ai trop respecté, dira après coup le jeune Allemand. Même sur mon service, j’étais trop précautionneux. Quant au sien, je n’arrivais jamais à savoir ce qu’il allait faire.” Becker remporte quand même le premier set, puis recolle à deux manches partout, mais ans se départir d’une désagréable sensation : ce match, jamais il n’en a vraiment le contrôle.

Miloslav Mecir breake dans le dernier acte. Puis, à 4-2, 40-30 sur son service, il porte le coup de grâce. Becker raconte : “Il fait service-volée, je sors un très bon retour de revers, plongeant, dans ses pieds, juste de l’autre côté du filet. Et là, il me fait cette volée-amortie de revers, comme s’il était à l’entraînement. Je me suis dit ‘putain, mais c’est quoi le problème avec ce mec ?’ C’est comme s’il n’avait même pas réalisé qu’il était en demi-finale d’un Grand Chelem.” Le relâchement total du “Chat” finit d’écœurer Becker. “Il est très imprévisible, dit-il encore. Il peut rater des coups très faciles, puis sortir trois points de suite où il ne vous laisse aucune chance. Mais c’est un grand joueur.”

En finale, Lendl ne trouvera pas Mecir imprévisible. Peut-être parce que lui avait tout prévu. Ou qu’il n’avait aucune intention de le respecter. Lendl-Mecir, ce sera l’affiche de deux finales de Grand Chelem, à New York en 1986 puis à Melbourne deux ans et demi plus tard. Au total de ces deux finales, ce bon vieux Milos n’inscrira que six jeux à chaque fois. A Flushing, son baptême du feu vire au cauchemar : 6-4, 6-2, 6-0. Il était temps de rentrer à la maison pour soigner ce mal du pays.

92. Ken Rosewall – Tony Roche

Edition : 1970
Finale
Vainqueur : Ken Rosewall (Australie)
Adversaire : Tony Roche (Australie)
Score : 2-6, 6-4, 7-6, 6-3

L’Australie est partout à Forest Hills en cette édition 1970. L’évènement, Margaret Court le crée chez les femmes en complétant le Grand Chelem. Chez les hommes, la finale oppose Ken Rosewall à Tony Roche. Rosewall, bientôt 36 ans, a sidéré tout le monde en balayant son cadet John Newcombe en demie.

C’est une drôle d’édition, qui va faire date. D’abord pour son exorbitant prize money. Le vainqueur du tournoi masculin va récolter… 20 000 dollars. C’est aussi l’année de l’introduction du tie-break. Décision avant-gardiste mais très décrié à l’époque. Rosewall, qui a tout vu et tout vécu sur le circuit, qu’il fut amateur, professionnel ou unifié depuis 1968, s’en accommode.

En 1952, dans une autre vie, à 17 ans, il avait atteint les quarts de finale dès sa première participation. Quatre ans plus tard, il décrochait le titre en battant son compatriote Lewis Hoad. Authentique exploit. Hoad, vainqueur des trois premiers Majeurs de la saison, n’était plus qu’à un match du Grand Chelem. Cet US Open 1956, ce fut le dernier joué par Rosewall pendant près de douze ans. Passé chez les pros, il dut attendre le début de l’ère Open pour rejouer des tournois du Grand Chelem.

Sa longévité épate. Comme en 1956, le voici donc contre un autre Australien en finale. Il est plus jeune que lui, cette fois. Tony Roche, 25 ans, est un formidable joueur mais il a la fâcheuse habitude de caler sur la dernière marche. Vainqueur de Roland-Garros en 1966, il a tout de même perdu quatre de ses cinq finales majeures. La 6e ne lui réussira pas davantage.

Ken Rosewall n’est pourtant pas impérial, mais il survit à tout : à la perte expéditive du 1er set, à trois balles de break contre lui à 5-6 dans la 3e manche, à un tie-break tendu quelques instants plus tard et même à une raquette brisée, sa raquette fétiche. Mais il a le dernier mot, à la grande joie des 14 000 spectateurs enchantés par son merveilleux toucher et ravis de cette histoire : 14 ans après, “The Wizard of Roz” redevient le roi d’Amérique. “C’est ma plus belle victoire, dit Rosewall, ému, en guise de remerciements. Regagner ici, si longtemps après, je ne l’espérais pas.”

91. Andy Murray – Andreï Pavel

Edition : 2005
1er tour
Vainqueur : Andy Murray (Grande-Bretagne)
Adversaire : Andreï Pavel (Roumanie)
Score : 6-3, 3-6, 3-6, 6-1, 6-4

Rien à dire, le vomissement le plus célèbre de l’histoire de l’US Open reste celui de Pete Sampras en 1996 contre Alex Corretja. Mais il ne faudrait pas oublier celui dont fut victime Andy Murray au 1er tour de l’édition 2005 : on a rarement vu un “rendu” aussi impressionnant sur un court !

Sacré un an avant chez les juniors, le jeune Britannique, 18 ans, dispute son premier US Open chez les grands, deux mois après s’être révélé chez lui à Wimbledon. Il n’a encore jamais remporté le moindre match en cinq sets et certains émettent d’ailleurs quelques doutes (rétrospectivement amusants) sur sa supposée faiblesse physique.

Mené 2 sets à 1 contre le robuste Andreï Pavel sur le Grandstand, Murray, 122e mondial, porte une franche accélération qui lui permet de survoler le 4e set et de breaker rapidement au 5e set. Mais à 2-1 en sa faveur, juste après le changement de côté, alors qu’il se replace pour aller servir, il se plie subitement en deux et déverse à flots continu un liquide jaunâtre – une boisson enrichie en sodium ingurgitée pour éviter les crampes – non loin de la chaise de son adversaire. Classe !

Le match est arrêté une vingtaine de minutes, le temps de nettoyer les dégâts et de soigner le malheureux. Murray perd les deux jeux suivant la reprise mais se reprend à temps pour dominer la fin du match, aidé aussi par la nervosité du Roumain qui écope d’un point de pénalité pour s’être emporté après une décision arbitrale.

US Open

Que c’est triste Flushing…

IL Y A 7 HEURES

US Open

Djokovic, invincible ou fragile ?

IL Y A 7 HEURES

Source link